Je sens quelque chose de froid collée contre ma joue. J'entends une voix qui résonne. Je réalise peu à peu qu'on essaye d'entrer en communication avec moi. J'ouvre les yeux. Et je sens l'atmosphère de panique qui s'est installé autour de moi. Je met quelque temps à réaliser que je suis par terre, allongée et que l'attention s'est déportée sur moi. L'autre n'est plus le centre du monde et je n'en suis finalement pas mécontente. Ils avaient peut être besoin de ça pour se rendre compte de mon malaise. Je m'étais dit que je n'irai pas. Comme toujours, ne voulant pas blesser les autres, je me suis pliée à leurs désirs, refoulant les miens. Il faudrait peut être que je pense à moi de temps à autre. Peut être que je me protège avant de protéger les autres. Noyée dans mes pensées, j'oublie presque la situation. Tandis qu'elle hurle dans le couloir, je ne comprends pas pourquoi elle est tant agitée. Je n'aime pas lui faire peur. J'ai juste voulu les avertir inconsciemment. Lui rendre le mal qu'il m'a fait. Parce qu'après tout c'était injuste et que je ne l'avais pas choisi. Aujourd'hui, j'avais au moins choisi de lui faire mal et ça me plaisait de le voir s'inquiéter. Ca prouvait soit qu'il m'aimait, soit qu'il ne voulait pas ternir son image par rapport à l'opinion qu'il avait de lui même. Mais quelques instants plus tard, il faisait déjà comme rien ne s'était passé. J'ai du entendre cette phrase plus d'une centaine de fois de sa bouche "ce n'est pas grave". Et je ne saurai trouver de mot assez fort pour vous dire combien je la hais. J'ai peut être tenter de disparaitre encore une fois. Moi seule le sait. Il n'a tellement pas envie d'être coupable qu'il efface tout ce qui peut le rendre méchant. La maladresse et la bêtise sont deux choses qui sont au dessus de mes forces à supporter. Alors souvent, je me contente de ruminer toute seule, de ravaler mes reproches et de les ressortir souvent d'une manière violente. Qu'il m'est impossible de contrôler. Mais encore une fois je digresse, revenons à nos moutons. Après le choc, je sais que je n'ai rien. Pourtant, ça ne me rassure pas. J'ai pleuré tellement fort que je ne me reconnais pas. Surtout en public, ça ne me ressemble tellement pas. Plutôt que rester enfermé dans cet endroit que je juge glauque, je souhaite malgré le froid piquant aller dehors. Plutôt mourir que de retourner là bas. C'est pourtant là où tout a commencé. Je ne crois pas aux coincidences, pas au hasard. Tout est lié. Tout est justifié. Peut être que finalement son bohneur m'empêche t-il d'être heureuse ? Peut être que le fait que tout aille mal pour lui me réjouirai ? Je sens que j'ai quelque chose à régler avec moi même. Je suis épuisée d'analyser tous mes faits et gestes. Ca m'a rendue tellement fragile ou tellement forte, je ne le sais plus moi même..



